De nombreuses luttes et actions revendicatives demeurent sur la question des salaires, des emplois et garanties collectives, du temps de travail, des conditions de vie et de travail, de la formation, du respect de leurs droits, la dignité au travail, les libertés syndicales, les droits spécifiques des originaires d’outre mer, les moyens financiers pour
accomplir leur mission et par conséquent la situation budgétaire de leur établissement, l’avenir du service public sanitaire, social et médico social.
Des négociations ont eu lieu dans la Fonction Publique Hospitalière, dans les conventions collectives ne répondant pas aux préoccupations, à l’amélioration de la vie au travail, à la reconnaissance des qualifications, nous considérons que ces négociations ne sont pas
abouties.
Nous exigeons la réouverture rapide de celles-ci.
Il est urgent de réparer l’injustice subie par les 600 000 salariés de l’UNIFED
(1) au sujet du gel des salaires de 1999 à 2003.
L’actualité politique et sociale est déjà marquée par des annonces, notamment sur les heures supplémentaires, la reconnaissance à Bac + 3 des paramédicaux et la réforme nécessaire des hôpitaux.
Des chantiers importants vont s’ouvrir dont celui des lois de
financement de la sécurité sociale. La CGT de la Santé et de l’Action Sociale souhaite pouvoir exprimer son avis, son analyse de la situation, ses propositions sur toutes ces questions.
Il occupe une place tout à fait particulière dans la société et joue un rôle incontournable dans la cohésion sociale.
Les besoins sont grandissants dans la santé, le social et le médico social. Nous y voyons là un gisement de créations d’emplois important (100 000 emplois seraient à créer dans les hôpitaux).
La qualité des prises en charge représente une demande et une exigence portées largement par la population, les usagers. Relever ces défis de la réponse de qualité aux besoins de l’ensemble de la population, sur des valeurs d’égalité, de solidarité, doit être
une préoccupation prioritaire de tout Gouvernement. L’hôpital public, au regard de ses missions, peut réellement répondre aux besoins de notre pays et doit être le pivot du système sanitaire français.
Sans compter qu’une réflexion serait nécessaire pour la création et l’ouverture d’établissements publics
de « long séjour », sur les maternités au regard de l’augmentation de la natalité dans notre pays et aussi sur les urgences pour ne citer que ces exemples.
Seule une politique ambitieuse de formation, de création d’emplois, de reconnaissance des qualifications
et des missions apportera des solutions de progrès tant attendues.
Force est de constater qu’il reste beaucoup à faire et que les réformes successives imposées dans ces secteurs professionnels ces dernières années ont mis les établissements et les salarié(e)s en difficulté pour assumer pleinement leur mission.
« Travailler plus »
dans ces milieux professionnels est vécu comme une véritable provocation quand on connaît les rythmes, les charges de travail actuels, les milliers d’heures accumulées dans les comptes épargne temps, les heures supplémentaires non payées.
Par contre
être mieux payé(e) et non « gagner plus »,
être mieux reconnu(e)s, bénéficier d’un déroulement de carrière valorisant, restent des revendications communes à l’ensemble des salarié(e)s en majorité qualifié(e)s.
De nombreux mouvements revendicatifs sont en cours sur ces questions dans notre secteur.
Sans amélioration, les conditions de travail
actuelles dans les services conduiront à briser la santé de milliers de salarié(e)s, à encourager la fuite professionnelle déjà importante.
Reconnaître la pénibilité au travail,
en respectant le temps de travail, les 35 heures et les 32 heures 30 de nuit, les règles statutaires et conventionnelles, en ouvrant la perspective de départs anticipés à la retraite pour les nouvelles catégories les plus concernées, devient incontournable.
La question du financement des politiques sanitaires et sociales
occupe le débat de société depuis des années. C’est bien la place et le rôle du travail dans les financements publics qui restent posés pour enfin trouver des recettes nécessaires aux besoins grandissants de financement des besoins sociaux.
La mise en place de franchises santé
serait injuste et dangereuse. Elle priverait de remboursement ceux qui font appel aux soins et inciterait au recours aux assurances privées ceux qui en auront les moyens.
La majorité de la population et des salariés reste attachée à une protection sociale solidaire, entre les générations, entre les bien portants et les malades, solidaires dans la famille, solidarité pour les aînés, solidarité pour l’autonomie.
Nous portons l’exigence d’un réel dialogue social
qui créé les conditions d’évaluations partagées sur les politiques mises en oeuvre, ainsi que sur le débat concernant l’organisation sanitaire et sociale et les moyens nécessaires à nos secteurs pour répondre au mieux aux besoins de la population, cela n’évitera pas le sujet de la démographie des
personnels du champ sanitaire et social. A ce sujet, nous revendiquons un Plan Urgence Emploi Formation.
Sur tous ces sujets, la Fédération CGT Santé Action Sociale, première organisation dans la santé et l’action sociale, vous demande instamment une rencontre pour vous faire part des revendications des salarié(e)s de nos secteurs professionnels, participer à toutes
négociations utiles et efficaces au progrès social et faire vivre la démocratie sociale.
Veuillez agréer, Madame la Ministre, Messieurs les Ministres, l’expression de nos respectueuses salutations.
Nadine PRIGENT
Secrétaire Générale
(1) UNIFED : (secteur privé associatif du sanitaire et du social)
Ce secteur professionnel, fortement féminisé est au coeur des enjeux humains et sociaux.